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Bertrand Marquette : « Le vrai sujet, ce n’est plus seulement d’avoir du trafic, c’est de savoir quoi en faire »

Éditeur de sites, consultant SEO et expert en marketing web, Bertrand Marquette a construit son activité autour d’une idée simple : comprendre comment circule l’attention sur internet, puis transformer cette attention en audience, en revenus et en opportunités business.

Entre référencement naturel, monétisation, médias en ligne, influence marketing, automatisation WordPress et intelligence artificielle, il revient sur son parcours, sa vision du web actuel et les transformations qui bouleversent les éditeurs, les marques et les créateurs de contenu.

« J’ai toujours vu internet comme un terrain de jeu business »

Tu évolues dans le web depuis plusieurs années. Comment présentes-tu ton activité aujourd’hui ?

Je me présente avant tout comme un entrepreneur du web et un éditeur de sites. C’est important, parce que mon activité ne se résume pas uniquement au SEO, à la rédaction, au développement ou à la publicité. Mon métier, c’est d’avoir une vision globale : créer des sites, les positionner, attirer du trafic qualifié, comprendre les attentes des internautes, monétiser l’audience et transformer tout ça en business rentable.

Le SEO reste une partie très importante de mon activité, mais je ne le vois pas comme une discipline isolée. Pour moi, le référencement naturel est un levier parmi d’autres dans une stratégie plus large. Aujourd’hui, un site ne peut plus seulement se demander comment apparaître sur Google. Il doit aussi se demander pourquoi quelqu’un cliquerait, pourquoi il resterait, comment transformer cette audience et quelle valeur le site peut créer pour une marque, un annonceur ou une communauté.

C’est là que mon métier devient intéressant. Je suis à la croisée de plusieurs univers : les médias en ligne, le SEO, le netlinking, la publicité, l’influence, l’intelligence artificielle, l’automatisation et la création de contenus. Ce mélange me permet d’avoir une lecture très concrète de ce qui fonctionne vraiment sur internet.

« Le SEO m’a appris une chose : l’attention se mérite, mais elle se structure aussi »

Qu’est-ce qui t’a attiré au départ dans le SEO et l’édition de sites ?

Ce qui m’a toujours fasciné, c’est le côté presque mécanique du web. Tu pars d’une idée, d’un mot-clé, d’un contenu ou d’un angle éditorial, et tu peux progressivement créer une audience. Ce n’est pas magique, mais il y a une logique. Tu comprends une intention de recherche, tu construis une page, tu optimises, tu observes, tu ajustes, et parfois ça décolle.

Au début, ce qui attire beaucoup de gens dans le SEO, c’est la promesse du trafic gratuit. Mais avec l’expérience, tu comprends que ce trafic n’est pas vraiment gratuit. Tu paies en temps, en expertise, en contenu, en technique, en patience et en tests. La vraie compétence, ce n’est pas seulement de connaître les balises, les liens ou les outils. C’est de comprendre ce que les gens veulent lire, à quel moment, sous quel angle et avec quelle promesse.

Le SEO m’a appris à raisonner en intention. Derrière chaque recherche, il y a une curiosité, une frustration, une peur, une envie d’acheter, de comparer, de comprendre ou de se rassurer. Quand tu comprends ça, tu ne rédiges plus de la même manière. Tu ne fais plus des contenus pour remplir un site. Tu construis des réponses.

« Beaucoup de sites échouent parce qu’ils publient, mais ne pilotent rien »

Quelle est l’erreur que tu vois le plus souvent chez les éditeurs de sites ou les entrepreneurs web ?

La plus grosse erreur, c’est de publier sans vraie stratégie. Beaucoup de gens pensent qu’un site fonctionne parce qu’on met des articles dessus. En réalité, un site fonctionne quand chaque contenu a une intention précise. Il faut savoir pourquoi on publie, pour quelle audience, avec quel objectif et avec quel modèle économique derrière.

Publier 300 articles sans stratégie peut donner l’impression de travailler, mais ce n’est pas forcément construire un actif. À l’inverse, un site avec moins de contenus, mais mieux pensés, mieux reliés, mieux optimisés et mieux monétisés, peut être beaucoup plus rentable.

L’autre erreur, c’est de regarder uniquement le trafic. Le trafic, c’est flatteur, mais ce n’est pas suffisant. Un million de pages vues qui ne rapportent rien, ça reste un problème. À l’inverse, une petite audience très qualifiée peut avoir énormément de valeur. Il faut sortir de la vanité des chiffres et se poser les vraies questions : combien rapporte une page ? Combien vaut un visiteur ? Quelles pages attirent les annonceurs ? Quels contenus peuvent être récurrents ? Quels formats peuvent être industrialisés ?

« Je vois un site comme un média, mais aussi comme un produit »

Tu parles souvent de sites comme de véritables actifs. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Un site, ce n’est pas seulement un support de publication. C’est un actif numérique. Il peut générer du trafic, des leads, de la vente, de l’autorité, des revenus publicitaires, des revenus d’affiliation, des partenariats, des articles sponsorisés ou encore de la donnée éditoriale. Un bon site peut aussi prendre de la valeur avec le temps.

Mais pour ça, il faut le penser comme un produit. Un média a une ligne éditoriale, une audience, un ton, des rubriques et une promesse. Un produit a une proposition de valeur, un modèle économique, des indicateurs, des coûts et une marge. Moi, j’essaie de combiner les deux.

Quand je travaille sur un site, je regarde son potentiel éditorial, mais aussi son potentiel commercial. Est-ce qu’il peut attirer des marques ? Est-ce qu’il peut se positionner sur des sujets recherchés ? Est-ce qu’il peut avoir une identité forte ? Est-ce qu’il peut être décliné dans d’autres langues ? Est-ce qu’il peut bénéficier de l’actualité ? Est-ce qu’il peut fonctionner sur Google Discover, sur Google News, sur les réseaux sociaux ou en SEO pur ?

C’est cette vision business qui change tout.

« Google Discover a changé la manière de penser les contenus »

Quel regard portes-tu sur Google Discover et les nouveaux modes de distribution de l’information ?

Google Discover a changé beaucoup de choses. Avant, le SEO était principalement basé sur une logique de recherche : quelqu’un tape une requête, tu apparais, il clique. Discover fonctionne davantage comme un flux d’attention. L’utilisateur ne cherche pas forcément. On lui propose un contenu qui pourrait l’intéresser.

Ça rapproche les éditeurs de sites d’une logique de média social. Le titre, l’image, le sujet, l’angle, la fraîcheur, l’émotion, la curiosité et l’autorité du site deviennent déterminants. Il ne suffit plus d’être pertinent sur une requête. Il faut être désirable dans un flux.

C’est une vraie opportunité, mais aussi un risque. Beaucoup d’éditeurs se mettent à courir après les sujets viraux sans construire de fond. Discover peut envoyer énormément de trafic, mais il peut aussi s’arrêter du jour au lendemain. Il faut donc l’utiliser comme un accélérateur, pas comme une dépendance unique.

Le bon équilibre, pour moi, c’est de combiner des contenus evergreen, qui peuvent se positionner dans le temps, avec des contenus chauds, plus émotionnels, plus liés à l’actualité ou aux tendances. Un site solide doit pouvoir vivre avec plusieurs moteurs de trafic.

« Un bon titre n’est pas juste accrocheur, il doit créer une tension »

Tu travailles beaucoup les titres. Quelle est ta philosophie sur le sujet ?

Un titre, c’est une promesse. Ce n’est pas juste une phrase qui annonce le contenu. C’est le déclencheur du clic. Et aujourd’hui, dans un environnement saturé, un titre moyen est invisible.

Mais attention : accrocheur ne veut pas dire mensonger. Le vrai bon titre crée une tension. Il donne envie de comprendre. Il laisse une part de mystère. Il met en avant un bénéfice, une surprise, une contradiction, une conséquence ou un enjeu. Il doit donner au lecteur le sentiment qu’il va apprendre quelque chose d’utile, d’étonnant ou d’important.

Je pense aussi qu’un titre doit respecter le support. Un titre SEO n’est pas toujours un titre Discover. Un titre pour un article sponsorisé n’est pas un titre pour un média d’actualité. Un titre LinkedIn n’est pas un titre de site généraliste. Il faut adapter la mécanique au contexte.

Ce que je trouve intéressant, c’est que les titres révèlent énormément de choses sur les comportements humains. Les gens cliquent parce qu’ils veulent comprendre, anticiper, éviter une erreur, se rassurer, découvrir une opportunité ou confirmer une intuition. Le titre est souvent l’endroit où la psychologie rencontre le marketing.

« L’influence marketing est entrée dans une phase beaucoup plus business »

Tu t’intéresses aussi à l’influence marketing et à la creator economy. Qu’est-ce qui t’intéresse dans cet univers ?

Ce qui m’intéresse, c’est que l’influence est en train de devenir une vraie économie structurée. Pendant longtemps, on a résumé les influenceurs aux placements de produits, aux codes promo et aux collaborations avec des marques. Aujourd’hui, on voit autre chose : des créateurs deviennent eux-mêmes des marques.

Quand des YouTubeurs, streamers ou influenceurs lancent des boissons, des snacks, des vêtements, des applications, des jeux, des formations ou des médias, ils ne vendent pas seulement un produit. Ils transforment leur audience en capital commercial. Leur communauté devient un canal de distribution.

C’est passionnant parce que ça casse les anciens modèles. Avant, une marque construisait un produit, puis cherchait une audience. Aujourd’hui, certains créateurs ont déjà l’audience, puis construisent le produit autour. C’est un renversement complet.

Mais ça pose aussi une vraie question : est-ce que le produit est bon, ou est-ce qu’il se vend seulement parce que la personne est connue ? Sur le long terme, la notoriété peut aider au lancement, mais elle ne suffit pas. Si le produit n’a pas de qualité, pas de différenciation, pas de réachat, pas de crédibilité, l’effet communauté s’épuise.

« Les influenceurs qui réussissent en business comprennent leur audience mieux que certaines marques »

Les marques traditionnelles ont-elles quelque chose à apprendre des créateurs ?

Oui, énormément. Les créateurs comprennent souvent mieux l’attention que les marques. Ils savent parler à une audience, tester des angles, sentir les tendances, créer de la proximité, provoquer une réaction. Ils ont une culture du contenu que beaucoup de marques n’ont pas encore vraiment intégrée.

Une marque pense souvent en campagne. Un créateur pense en relation continue. C’est une différence énorme. La marque demande : “Quel message voulons-nous diffuser ?” Le créateur se demande : “Qu’est-ce qui va faire réagir ma communauté ?” Cette deuxième question est beaucoup plus puissante sur les plateformes actuelles.

Après, les marques ont d’autres forces : la logistique, la distribution, la qualité produit, les process, la conformité, la puissance financière. Les meilleurs projets sont souvent ceux qui combinent les deux : la force communautaire du créateur et la rigueur opérationnelle d’une vraie entreprise.

C’est pour ça que les marques blanches, les licences, les co-créations et les produits portés par des influenceurs se développent. Mais tout le monde ne réussira pas. L’audience ne pardonne pas longtemps un produit opportuniste.

« L’IA ne remplace pas la stratégie, elle amplifie celui qui en a une »

Quel rôle joue l’intelligence artificielle dans ton activité ?

L’IA est devenue un outil central, mais je pense qu’elle est souvent mal comprise. Beaucoup de gens l’utilisent comme une machine à produire du texte. C’est l’usage le plus évident, mais pas forcément le plus intelligent.

Pour moi, l’IA sert surtout à accélérer la réflexion, la structuration, l’analyse, la variation d’angles, la génération d’idées, l’automatisation de tâches répétitives et la production de premiers jets. Elle peut aider à faire plus vite, mais elle ne remplace pas le jugement.

Le risque, c’est de croire que l’IA suffit. Si tout le monde utilise les mêmes outils pour produire les mêmes articles sur les mêmes sujets avec les mêmes structures, le web devient une soupe de contenus interchangeables. La différence se fera sur l’angle, l’expérience, la donnée, le ton, la sélection des sujets, la capacité à éditorialiser et la stratégie de distribution.

L’IA amplifie celui qui sait déjà ce qu’il veut faire. Elle ne sauve pas celui qui n’a pas de vision.

« L’automatisation est rentable quand elle sert une vraie logique business »

Tu travailles aussi sur des automatisations WordPress. Pourquoi cet axe est important ?

Parce que dans l’édition de sites, beaucoup de temps est perdu sur des tâches répétitives. Programmer, publier, vérifier, rediriger, insérer des blocs, gérer des campagnes, suivre des logs, automatiser certaines actions marketing… Tout ça peut être optimisé.

WordPress reste un outil formidable, mais beaucoup de sites l’utilisent de manière très basique. Quand on commence à développer des plugins ou des systèmes internes adaptés à son propre fonctionnement, on gagne énormément en efficacité. On peut créer des outils qui collent exactement à ses besoins, au lieu de bricoler avec dix extensions qui font chacune un morceau du travail.

Mais l’automatisation ne doit pas être un gadget. Elle doit répondre à une logique business claire : gagner du temps, réduire les erreurs, améliorer la monétisation, accélérer la publication, mieux piloter les campagnes ou fiabiliser une méthode.

J’aime beaucoup cette partie parce qu’elle mélange stratégie, technique et exploitation concrète. Tu n’es pas dans la théorie. Tu construis un système qui doit fonctionner tous les jours.

« Le netlinking reste puissant, mais il doit être mieux intégré »

Quelle place occupe encore le netlinking aujourd’hui ?

Le netlinking reste un levier important, mais il a évolué. Avant, certains raisonnaient surtout en volume : obtenir beaucoup de liens, rapidement, parfois sans grande cohérence. Aujourd’hui, il faut être beaucoup plus fin. La qualité du site, la thématique, le contexte éditorial, l’ancre, la page cible, la régularité et le profil global de liens comptent énormément.

Je vois le netlinking comme une brique d’autorité, pas comme une solution magique. Un bon lien peut accélérer une page, renforcer un domaine, soutenir une stratégie de contenu ou créer de la crédibilité. Mais si le site est mauvais, si le contenu ne répond pas à l’intention ou si la structure n’est pas solide, le lien ne fera pas tout.

Le netlinking est aussi devenu un marché à part entière. Il y a des annonceurs, des éditeurs, des plateformes, des intermédiaires, des exigences de qualité, des négociations, des prix. Pour un éditeur de sites, c’est un vrai levier de monétisation. Mais là encore, il faut protéger son actif. Vendre de la visibilité, oui. Dégrader son site avec des contenus incohérents, non.

« La monétisation ne doit jamais être pensée après coup »

Comment réfléchis-tu à la monétisation d’un site ?

Je pense qu’il faut réfléchir à la monétisation dès le départ. Beaucoup de gens créent un site, publient du contenu, attendent d’avoir du trafic, puis se demandent comment gagner de l’argent. C’est souvent trop tard, ou en tout cas moins efficace.

Chaque projet doit avoir une logique économique. Est-ce que le site est fait pour vendre des articles sponsorisés ? Pour générer des revenus publicitaires ? Pour faire de l’affiliation ? Pour vendre un service ? Pour collecter des leads ? Pour construire une autorité personnelle ou professionnelle ? Selon la réponse, le choix des sujets, la structure du site et le ton éditorial ne seront pas les mêmes.

Un site très grand public peut très bien fonctionner avec de la publicité si le volume est important. Un site plus spécialisé peut être beaucoup plus rentable avec des contenus sponsorisés ou de l’affiliation. Un média B2B peut générer peu de trafic, mais une forte valeur commerciale. Il n’y a pas une seule bonne réponse. Il faut aligner le contenu, l’audience et le modèle économique.

« Les marques cherchent de la visibilité, mais elles veulent surtout de la crédibilité »

Qu’est-ce qui fait la valeur d’un éditeur de sites aux yeux des marques ?

Les marques veulent de la visibilité, bien sûr. Mais elles veulent aussi de la crédibilité. Un site qui a une vraie ligne éditoriale, des contenus cohérents, une audience qualifiée et une image propre aura toujours plus de valeur qu’un site générique sans identité.

Le problème, c’est que certains éditeurs raisonnent uniquement en métriques : trafic, autorité, nombre de liens, prix de l’article. Ces éléments comptent, mais ils ne suffisent pas. Une marque regarde aussi l’environnement dans lequel elle apparaît. Est-ce que le site inspire confiance ? Est-ce que le contenu est bien présenté ? Est-ce que l’article s’intègre naturellement ? Est-ce que le média donne une impression sérieuse ?

La crédibilité est un actif invisible, mais très important. Elle peut justifier un meilleur prix, fidéliser des partenaires et créer des opportunités plus intéressantes.

« Le web récompense ceux qui testent vite, mais qui savent aussi couper vite »

Quelle est ta méthode quand tu lances un nouveau projet ou une nouvelle idée ?

J’aime tester rapidement. Sur internet, on peut avoir des intuitions, mais le marché répond assez vite. Un sujet peut paraître excellent sur le papier et ne jamais prendre. À l’inverse, une idée presque secondaire peut devenir un vrai levier.

Ma méthode consiste à observer les tendances, analyser les intentions, regarder ce qui existe déjà, identifier les angles manquants, puis lancer quelque chose de concret. Ensuite, il faut mesurer. Est-ce que Google réagit ? Est-ce que les utilisateurs cliquent ? Est-ce que les contenus se positionnent ? Est-ce que les annonceurs s’y intéressent ? Est-ce que le site peut devenir rentable ?

Mais tester vite ne veut pas dire s’éparpiller sans discipline. Il faut aussi savoir couper. Si un projet ne montre pas de signaux, il ne faut pas s’acharner par ego. Le web récompense l’exécution, mais il punit aussi l’entêtement mal placé.

« Les meilleurs contenus sont souvent ceux qui répondent à une vraie question avec un angle fort »

Comment choisis-tu les sujets à traiter ?

Je cherche toujours le croisement entre intérêt utilisateur, potentiel de visibilité et potentiel business. Un sujet peut être intéressant intellectuellement, mais inutile pour un site s’il ne touche personne. À l’inverse, un sujet peut être très recherché, mais trop concurrentiel ou trop éloigné de l’identité du média.

Le bon sujet, c’est souvent celui qui répond à une vraie question avec un angle fort. Il faut qu’il y ait une promesse claire. Le lecteur doit comprendre immédiatement pourquoi il devrait lire l’article.

Je regarde aussi beaucoup les signaux faibles : ce qui commence à émerger sur les réseaux sociaux, ce qui revient dans les recherches, ce que les médias traditionnels ne traitent pas encore bien, ce que les marques commencent à pousser, ce que les créateurs testent, ce qui devient culturellement visible.

Le contenu performant n’est pas toujours celui qui invente un sujet. C’est parfois celui qui trouve le bon moment, le bon angle et la bonne formulation.

« L’avenir appartient aux éditeurs capables de penser comme des médias, des marketeurs et des entrepreneurs »

Comment vois-tu l’évolution du métier d’éditeur de sites ?

Le métier devient plus exigeant. Pendant longtemps, on pouvait créer des sites assez simples, publier beaucoup de contenus, faire un peu de SEO et générer des revenus. Aujourd’hui, la concurrence est plus forte, les algorithmes changent, l’IA accélère la production, les plateformes captent l’attention et les annonceurs deviennent plus sélectifs.

Ça ne veut pas dire que l’édition de sites est morte. Au contraire. Mais le niveau moyen doit monter. Les éditeurs qui réussiront seront ceux qui sauront penser comme des médias, comme des marketeurs et comme des entrepreneurs.

Il faudra savoir construire une marque éditoriale, comprendre les canaux de distribution, exploiter l’IA intelligemment, créer des contenus différenciants, monétiser proprement, nouer des partenariats et automatiser sans perdre en qualité.

Le web reste un terrain d’opportunités incroyable, mais il devient moins tolérant avec l’amateurisme.

« Je crois beaucoup aux médias de niche, mais avec une vraie ambition »

Les médias de niche ont-ils encore une place face aux grandes plateformes ?

Oui, et je dirais même qu’ils ont une carte très intéressante à jouer. Les grandes plateformes ont la puissance, mais elles sont souvent généralistes. Un média de niche peut aller plus loin, parler avec plus de précision, créer une vraie proximité avec son audience et devenir une référence sur un sujet.

Mais attention : niche ne veut pas dire petit projet sans ambition. Un média de niche peut être très rentable s’il est bien positionné. Il peut attirer des annonceurs très ciblés, vendre des contenus sponsorisés à forte valeur, développer de l’affiliation, créer une newsletter, lancer des produits ou devenir une autorité dans son secteur.

Le problème, c’est que beaucoup de niches sont traitées de manière trop pauvre. On crée un site, on met quelques articles optimisés, mais sans vraie personnalité. Or, une niche forte doit avoir une identité, un point de vue, une régularité et une utilité réelle.

« La creator economy va continuer à brouiller les frontières »

Quelles tendances vois-tu arriver dans les prochaines années ?

Je pense que les frontières vont continuer à se brouiller. Les créateurs deviennent des marques. Les marques deviennent des médias. Les médias deviennent des agences. Les agences créent leurs propres outils. Les éditeurs utilisent l’IA. Les plateformes deviennent des moteurs de recherche. Tout se mélange.

Dans ce contexte, l’avantage ira à ceux qui savent comprendre les mécaniques d’attention. Il ne suffira plus d’être bon dans une seule discipline. Il faudra comprendre le contenu, la distribution, la technique, la donnée, la monétisation et la psychologie utilisateur.

Je pense aussi que l’authenticité va devenir un vrai sujet, mais pas au sens naïf. Les audiences savent que les créateurs vendent, que les marques sponsorisent, que les médias monétisent. Ce qu’elles refusent, c’est le manque de cohérence. Une audience peut accepter une opération commerciale si elle est bien intégrée, transparente et alignée avec ce qu’elle attend.

« Mon objectif, c’est de construire des systèmes qui génèrent de la valeur »

Quelle est ta vision personnelle de ton business aujourd’hui ?

Mon objectif, ce n’est pas simplement de créer des sites ou de publier des contenus. C’est de construire des systèmes qui génèrent de la valeur. Un bon système éditorial doit être capable d’attirer du trafic, de créer de la confiance, de générer des revenus et de s’améliorer avec le temps.

J’aime l’idée de construire des actifs numériques. Des sites, des outils, des méthodes, des automatisations, des médias, des réseaux de contenus. Ce sont des choses qui demandent du travail au départ, mais qui peuvent ensuite produire des effets durables.

Ce qui me plaît dans ce métier, c’est qu’il oblige à rester en mouvement. Rien n’est totalement acquis. Les règles changent, les plateformes évoluent, les usages se déplacent. Il faut apprendre en permanence, tester, remettre en question ses certitudes et accepter que ce qui fonctionnait hier ne fonctionnera pas forcément demain.

« Le vrai avantage, c’est la capacité à comprendre vite et à exécuter proprement »

Qu’est-ce qui fait la différence entre ceux qui réussissent et les autres dans le web ?

Je dirais que la différence se joue sur deux choses : la compréhension et l’exécution. Beaucoup de gens comprennent des concepts, mais n’exécutent pas assez. D’autres exécutent beaucoup, mais sans vision. Il faut les deux.

Comprendre vite, c’est identifier les opportunités, sentir les tendances, voir les angles, comprendre les intentions et savoir où se situe la valeur. Exécuter proprement, c’est transformer cette compréhension en pages, en sites, en contenus, en offres, en systèmes et en revenus.

Le web donne souvent l’impression que tout va vite et que tout est facile. En réalité, ceux qui durent sont ceux qui structurent. Ils observent, testent, corrigent, documentent, automatisent et optimisent.

« Il ne faut pas tomber amoureux de ses idées, il faut tomber amoureux des signaux »

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans l’édition de sites ou le marketing web ?

Je lui dirais de ne pas tomber amoureux de ses idées. Une idée, ce n’est qu’une hypothèse. Ce qui compte, ce sont les signaux. Est-ce que les gens cherchent le sujet ? Est-ce qu’ils cliquent ? Est-ce qu’ils lisent ? Est-ce qu’ils achètent ? Est-ce que les marques s’y intéressent ? Est-ce que Google comprend le site ? Est-ce que le contenu peut être rentable ?

Il faut apprendre à regarder les faits plutôt que ses envies. C’est parfois frustrant, mais c’est ce qui permet de progresser. Le web est un excellent professeur parce qu’il donne des retours très concrets. Les chiffres ne disent pas tout, mais ils disent souvent ce qu’on ne veut pas entendre.

Je conseillerais aussi de ne pas chercher la perfection au départ. Il faut lancer, apprendre, améliorer. Mais il faut le faire sérieusement. Un projet peut être imparfait, mais il doit avoir une logique.

« Le web reste l’un des rares endroits où l’on peut encore construire quelque chose avec peu de moyens »

Tu restes optimiste malgré les changements d’algorithmes, l’IA et la concurrence ?

Oui, parce que le web reste un espace incroyable. Il y a de la concurrence, c’est vrai. Les règles changent, les plateformes prennent de la place, l’IA bouleverse la production de contenus. Mais il reste possible de construire quelque chose avec relativement peu de moyens si on a de la méthode, de la créativité et de la discipline.

Ce qui change, c’est que les raccourcis fonctionnent moins longtemps. Les projets faibles sont plus vite exposés. Les contenus sans valeur deviennent invisibles. Les sites sans stratégie ont du mal à durer. Mais pour ceux qui acceptent de monter en compétence, il y a encore énormément d’opportunités.

Je pense même que les prochaines années vont créer de nouveaux gagnants. Des gens capables de combiner contenu, IA, SEO, influence, distribution, automatisation et business. Ceux qui sauront relier ces mondes auront un vrai avantage.

« Le trafic n’est qu’un début »

Pour conclure, quelle phrase résume le mieux ta vision du marketing web aujourd’hui ?

Je dirais que le trafic n’est qu’un début. Pendant longtemps, beaucoup de gens ont pensé que le but était d’avoir des visiteurs. Aujourd’hui, le vrai sujet, ce n’est plus seulement d’avoir du trafic, c’est de savoir quoi en faire.

Un visiteur peut devenir un lecteur fidèle, un client, un abonné, un prospect, une donnée, une preuve d’autorité, une opportunité commerciale ou simplement une page vue sans valeur. Tout dépend du système que tu construis autour.

Le marketing web, pour moi, c’est ça : comprendre l’attention, créer de la valeur et construire des mécanismes capables de transformer cette attention en résultat concret.

Rédacteur en chef du site Duteurtre.com – Je partage mes actus et bons plans

7 réponses

  1. Intéressant de voir comment Bertrand Marquette met l’accent sur la valeur ajoutée de l’audience plutôt que simplement sur le trafic. Ça change la perspective sur la stratégie web !

  2. Ah ah Bertrand Marquette a tout compris, on va pas se mentir, sur internet la vraie question c’est pas juste d’avoir du trafic, c’est de savoir comment le chouchouter une fois qu’on l’a attrapé ! C’est un peu comme des chats, attraper leur attention c’est une chose, mais les garder près de soi c’est un art ! 😄

  3. Ce Bertrand Marquette a vraiment l’air de savoir de quoi il parle ! C’est vrai que ce n’est plus seulement une question de trafic, mais surtout de savoir comment le convertir en quelque chose de concret. Passionnant de voir comment il analyse l’attention sur internet pour en tirer des opportunités business.

  4. Comme parent, je trouve ces propos sur l’attention des enfants en ligne assez préoccupants. Transformer l’attention en audience et en revenus semble bien loin de toute considération éthique sur l’impact sur nos petits. J’espère que ce Bertrand Marquette réfléchit aussi à la sécurité et au bien-être de nos enfants dans ce monde numérique.

  5. Ah, Bertrand Marquette… Son approche visionnaire résonne en moi, comme un écho du passé. Savoir comment capter l’attention pour la transformer en une audience engagée, toute une philosophie qui résonne encore dans ce monde numérique effervescent. Une belle réflexion sur l’évolution du web et des défis qui se posent aujourd’hui.

  6. Ah Bertrand Marquette, toujours un coup d’avance dans le monde du web ! Il a vraiment compris l’importance de savoir capter l’attention pour en faire quelque chose de concret. Une vraie inspiration pour nous autres qui évoluons dans le digital !

  7. Wow, je suis surpris de voir à quel point Bertrand Marquette a une approche futuriste du marketing web ! Il a raison, avoir du trafic n’est plus suffisant, il faut savoir l’exploiter intelligemment pour créer de la valeur. Une vision pertinente pour les parents comme moi soucieux de l’avenir de leurs enfants dans un monde connecté.

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