luc chatel réclame un assouplissement de la fin des voitures thermiques en 2035

« Nous n’y arriverons pas du tout » : Luc Chatel réclame un assouplissement de la fin des voitures thermiques en 2035

La transition énergétique de l’automobile européenne traverse une période de turbulences majeures. Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, tire la sonnette d’alarme concernant l’échéance de 2035 fixée par l’Union européenne. Cette date butoir, qui impose une décarbonation totale du parc automobile, semble de plus en plus irréalisable selon les acteurs de la filière française.

L’ancien ministre de l’Éducation nationale pointe du doigt les difficultés croissantes rencontrées par les constructeurs hexagonaux. Le secteur fait face à des défis considérables qui remettent en question la faisabilité des objectifs environnementaux ambitieux fixés par Bruxelles.

La filière automobile française en difficulté structurelle

Les chiffres du marché automobile révèlent une situation préoccupante pour l’industrie nationale. Les ventes de véhicules neufs accusent un retard considérable par rapport aux niveaux d’avant la pandémie de Covid-19. En septembre dernier, seulement 140 000 automobiles ont trouvé preneur, contre les 160 000 habituellement enregistrées sur cette période.

Cette contraction du marché représente une baisse de 28 % comparativement aux volumes commercialisés avant la crise sanitaire. Le président de la PFA souligne l’ampleur du défi : comment maintenir une activité industrielle viable avec seulement trois quarts du marché traditionnel ? Cette interrogation touche directement l’emploi dans le secteur.

Stellantis, deuxième constructeur européen, illustre parfaitement ces difficultés. Le groupe a récemment annoncé l’arrêt temporaire de ses usines de Sochaux et Mulhouse, après avoir déjà mis en chômage partiel les ouvriers de Poissy. Ces mesures s’étendent également aux sites italiens, allemands, espagnols et polonais du constructeur.

Indicateur Situation actuelle Objectif 2025
Part des véhicules électriques 18% 25-26%
Ventes septembre (milliers) 140 160
Évolution vs pré-Covid -28% Retour niveau normal

L’objectif 2035 face aux réalités du marché électrique

La progression vers l’électrification massive du parc automobile européen rencontre des obstacles significatifs. Les projections nécessaires pour 2025 exigent une part de marché électrique comprise entre 25 et 26 %, alors que le secteur stagne actuellement autour de 18 %. Cette différence de sept points illustre l’ampleur du défi à relever.

Paradoxalement, moins de véhicules électriques ont été commercialisés en 2024 qu’en 2023, révélant un essoufflement de la dynamique d’adoption. Cette tendance contradictoire avec les objectifs européens interroge sur la pertinence des échéances fixées par les instances communautaires.

Selon les calculs de la Plateforme automobile, maintenir coûte que coûte l’objectif de 2035 entraînerait la suppression de 75 000 emplois dans la filière française. Cette estimation souligne les conséquences sociales dramatiques d’une transition mal calibrée. L’organisation patronale plaide pour davantage de réalisme dans l’approche européenne.

Les propositions d’assouplissement commencent à émerger au niveau de Bruxelles, donnant un espoir mesuré aux industriels français. Ces discussions portent sur :

  • Un étalement dans le temps des objectifs de décarbonation
  • Une révision des seuils intermédiaires
  • Des mécanismes d’adaptation sectoriels
  • Une prise en compte des spécificités nationales

La concurrence chinoise bouleverse l’équilibre européen

L’expansion des constructeurs chinois en Europe représente un défi majeur pour l’industrie automobile traditionnelle. Leur part de marché a bondi de 1 % historiquement à 7 % actuellement, témoignant d’une percée spectaculaire sur le continent européen.

En France spécifiquement, les importations de véhicules chinois ont progressé de 30 % depuis le début de 2024. Cette performance s’explique par le positionnement concurrentiel de ces marques : des véhicules de qualité proposés à des tarifs attractifs. Cette combinaison redoutable met en difficulté les constructeurs européens traditionnels.

Luc Chatel dénonce une approche européenne déséquilibrée : « Là où les Chinois investissent, l’UE met des normes ». Cette critique vise la tendance réglementaire européenne qui impose des contraintes aux industriels locaux, pendant que leurs concurrents asiatiques développent librement leurs capacités de production et d’innovation.

Le représentant de la filière française met en garde contre un affaissement total du marché si les échéances de 2035 sont maintenues rigidement. Il craint une disparition progressive de l’industrie automobile européenne face à une concurrence internationale qui opère selon des règles différentes.

Vers une approche pragmatique de la transition énergétique

Face à ces constats alarmants, la Plateforme automobile française milite pour une révision des stratégies européennes. L’organisation estime que l’Union européenne a commis une erreur méthodologique en imposant une technologie spécifique avant de laisser les industriels développer leurs propres solutions de décarbonation.

Cette approche dirigiste contraste avec les pratiques d’autres régions du monde, où l’innovation technologique guide les choix industriels plutôt que les décisions politiques. Les acteurs français réclament plus de flexibilité dans les moyens d’atteindre les objectifs environnementaux.

L’optimisme reste mesuré concernant l’évolution des positions européennes. Quelques signes encourageants émergent des discussions bruxelloises, où des solutions d’assouplissement font l’objet d’études approfondies. Ces réflexions portent notamment sur l’adaptation des calendriers aux réalités industrielles et commerciales.

L’enjeu dépasse largement le cadre français puisque l’ensemble de l’industrie automobile européenne traverse des difficultés similaires. La recherche d’un équilibre entre ambitions environnementales et viabilité économique devient cruciale pour préserver l’avenir du secteur sur le continent.

Rédacteur en chef du site Duteurtre.com – Je partage mes actus et bons plans

Une réponse

  1. Ah, Luc Chatel crie au secours pour les voitures thermiques ! On dirait qu’il veut prolonger leur existence comme s’il voulait sauver des pandas en voie de disparition. Allons, la transition vers des voitures plus propres est inévitable, même s’il doit y avoir quelques turbulences sur la route !

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