(Ré)écoutez « Étonnez-moi, Benoît! » de Benoît Duteurtre sur France Musique à 11h le samedi avec Annie Cordy – 05 juin 2010

(Ré)écoutez l’émission avec Annie Cordy du 05 juin 2010

Annie Cordy au festival de Cannes
Date : 2001
Author : Georges Biard

Annie Cordy, née Léonie Cooreman le 16 juin 1928 à Laeken (Bruxelles-ville), est une chanteuse, meneuse de revue et actrice belge.

Artiste prolifique, elle a enregistré plus de 700 chansons au style enjoué et festif, joué dans une vingtaine de comédies musicales et d’opérettes, une quarantaine de films, une trentaine de séries et téléfilms, une dizaine de pièces de théâtre, donné près de 10 000 galas. Très énergique et toujours de bonne humeur lors de ses apparitions en public, elle vante les mérites du sourire, même s’il lui arrive d’incarner des rôles plus graves au cinéma ou pour des fictions à la télévision.

Anoblie par le roi des Belges Albert II qui l’a faite baronne en 2004, elle choisit pour devise La passion fait la force.

Biographie

Son père menuisier s’appelait Jan Cornelius Cooreman. Sa mère Maria de Leeuw a donné à sa fille le goût des chansons en lui faisant écouter la TSF. Elle a un frère aîné, Louis, et une sœur, Jeanne.

À huit ans, comme elle est de constitution fragile, sa mère l’inscrit à un cours de danse. Elle apprend le piano et le solfège, tout en poursuivant ses études, puis participe à des galas de bienfaisance. Entre les numéros dansés, elle chante les succès du moment. Très vite, tout s’enchaîne : radio-crochets, concours… Aussitôt remarquée par le directeur artistique du Lido qui réussit à la convaincre de quitter Bruxelles, sa ville natale, Annie Cordy débarque à Paris le 1er mai 1950, engagée comme meneuse de revue.

Débuts

Elle débute à Bruxelles au Bœuf sur le toit, puis débarque à Paris, où elle rencontre François-Henri Bruno, qui devient à la fois son époux et son impresario. Annie mène ensuite diverses revues au Lido et à l’ABC. Elle accompagne également la caravane du Tour de France.

En 1952, elle commence à montrer les autres facettes de son talent : elle signe un contrat avec Pathé-Marconi, obtient à Deauville le Prix Maurice Chevalier, et est engagée pour La Route fleurie avec Georges Guétary et Bourvil. Tout en continuant l’opérette, Annie Cordy enregistre ses premiers succès — Les trois bandits de Napoli, Bonbons Caramels, Fleur de papillon, Léon, La tantina de Burgos, La ballade de Davy Crockett, etc. — qui l’imposent définitivement. Elle apparaît également au grand écran dans Si Versailles m’était conté… de Sacha Guitry (1953), Poisson d’avril avec Bourvil et Louis de Funès (1954) et Bonjour sourire avec Henri Salvador (1955). La même année, elle passe en vedette à l’Olympia et à Bobino, et reçoit le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros pour la chanson Oh Bessie ! Le 18 avril 1956, elle chante pour les fiançailles de Grace Kelly et du prince Rainier III de Monaco.

Après le succès au cinéma du Chanteur de Mexico avec Luis Mariano et Bourvil, c’est l’Amérique qui l’accueille : le Plazza à New York, le Copacabana à Rio de Janeiro, puis Cuba, Mexico ou encore Porto Rico. Un contrat pour une grande comédie musicale lui est alors proposé aux États-Unis, mais son manager et mari n’appréciant pas l’Amérique, elle abandonne une carrière internationale prometteuse.

Artiste de music-hall

En 1957, elle commence une nouvelle opérette, Tête de Linotte, avant de retrouver Luis Mariano dans Visa pour l’Amour (de 1961 à 1964), et Bourvil dans Ouah ! Ouah ! (1965). Avec Darry Cowl comme compositeur et partenaire, elle crée Pic et Pioche en 1967 et en compagnie de Pierre Doris, Indien vaut mieux que deux tu l’auras.

En 1964, elle retrouve la scène de Bobino pour une rentrée parisienne. En février 1965, sur les conseils de Maurice Chevalier, elle présente aux Parisiens un véritable « Show », où chaque chanson donne lieu à une mise en scène, à des ballets et à des costumes : Annie Cordy en deux actes et 32 tableaux. Un an plus tard, elle enchaîne sur une tournée internationale qui la mène de Berlin à Madrid, en passant par Moscou – où elle retournera pour dix-neuf concerts l’année suivante.

En 1972, elle crée la version française de Hello, Dolly !, ce qui lui vaut l’Award de la meilleure show-woman européenne, triomphant avec Nini la Chance (1976) et Envoyez la musique ! (1982). Elle connaît le succès également au théâtre, en interprétant Madame Sans Gêne et Madame de Sévigné. En 1994, son interprétation de la Célestine consacre définitivement son talent dramatique.

Chanteuse

Malgré une vive présence au devant de la scène théâtrale, elle continue d’enregistrer des chansons qui rencontrent le succès auprès du public : Cigarettes, Whisky et P’tites Pépées (1957), Hello le soleil brille (no 1 durant 26 semaines en 1958), Nick nack paddy whack (1959), Salade de fruits (1959), Un clair de lune à Maubeuge (1962), Six roses (1964), Le p’tit coup de chance (1965), T’as vu Monte Carlo (1969), Hello, Dolly! (1972), La Bonne du curé (plus d’un million de disques vendus en 1974), Frida oum papa (1975), La bébête (1976), Ça ira mieux demain (1976), Nini la chance (1976), Le Kazou (1979), Señorita Raspa (1980), Tata Yoyo (1981), Cho Ka Ka O (1985) ainsi que Les Enfants de la Terre (1998).

Elle enchaîne ainsi les galas à un rythme effréné, en ayant effectué près de 10 000 et ayant enregistré plus de 700 chansons. Lors d’une interview, elle révèle que, en comptant les reprises, les hommages sur les plateaux TV et bien sûr les enregistrements, elle a chanté près de 2 000 chansons.

Actrice de cinéma

En 1969, Annie Cordy tourne Le Passager de la pluie sous la direction de René Clément, où elle dévoile un talent dramatique, qui sera confirmé dans Le Chat (1971) aux côtés de Jean Gabin et Simone Signoret, mais aussi dans Rue Haute (Award de la meilleure comédienne en 1976) et Un été après l’autre (1989).

Elle apparaît également dans plusieurs films populaires, tels que Elle court, elle court la banlieue (1973), La Vengeance d’une blonde (1994), Madame Édouard (2004), Disco (2008) et Le crime est notre affaire (2008), et effectue le doublage voix dans des dessins animés tels que Pocahontas (1995) et Frère des ours (2003). Au total, 19 de ces films ont dépassé le million d’entrées en France4.

Elle tourne dans une quarantaine de films tout au long de sa carrière, qu’elle consacre à plein temps dès les années 2010.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.